Suri (Kacipo-Balesi)

Éthiopie

Langue(s)

Suri (Kacipo-Balesi)

Locuteurs

10000 (dont 5000 au Soudan)

Partenaires

Religion

Animisme, peu de chrétiens

« Chaque matin, avant de commencer à travailler, nous avions une dévotion. Un jour, j’ai dit aux jeunes traducteurs que je voulais leur lire la Bible. Puis j’ai commencé à lire les versets que nous avions déjà traduits dans les jours précédents. Soudainement, ils se sont rendu compte que, maintenant, il y a réellement des versets bibliques dans leur langue et qu’eux, ils y avaient contribué. Leurs yeux brillaient en écoutant. Oui, maintenant nous avons des versets bibliques en suri qui peuvent parler directement à ce peuple. »

Le peuple

Les Suri (Kacipo-Balesi) vivent dans la région frontalière reculée du sud-ouest tropical de l’Éthiopie et de la région limitrophe au Soudan du Sud.

C’est un peuple encore très isolé qui vit en autarcie. Au Soudan du Sud, ils tirent leur subsistance surtout de l’agriculture et du petit élevage. Ils ont dû abandonner leurs troupeaux de vaches, car les maladies et les incursions des populations avoisinantes en rendaient l’exploitation impossible. En Éthiopie, les Suri possèdent encore quelques troupeaux de vaches, mais moins importants que les peuples voisins. Les vaches revêtent une signification culturelle importante pour eux.

Les Suri sont connus pour leurs tournois de combat au bâton et les plateaux labiaux (labrets), ornementation portée par les femmes sur la lèvre inférieure. Mais de nos jours de nombreuses jeunes femmes ne se font plus percer et introduire de labret.

Marqués par des croyances animistes, les Suri croient en un Dieu créateur, avec qui le contact direct a été perdu. Dans la vie de tous les jours, ils sont confrontés aux esprits qu’il faut apaiser et dont on veut tirer parti.

Quelques Suri se sont tournés à Jésus ces dernières années et deux à trois églises se sont formées. Des chrétiens matures et expérimentés font cruellement défaut. Il faudrait des responsables qui pourraient accompagner les chrétiens dans leur cheminement de foi.

Ce qui a déjà été accompli

Les fondations sont posées : La grammaire de la langue a été étudiée à tel point qu’une orthographe précise est disponible. Un abécédaire de première lecture est déjà disponible, ainsi que quelques histoires bibliques en suri.

Il a fallu un certain temps pour trouver les personnes appropriées pour la traduction. Une équipe de traducteurs a maintenant commencé à travailler. Les traducteurs préparent les premières ébauches, qui seront ensuite vérifiées et révisées tous les 3 à 4 mois avec des intervenants suri supplémentaires. Dès que certaines parties de la Bible seront terminées, elles seront apportées aux gens et utilisées dans les Églises.

Les objectifs

L’objectif est que dans 5 à 7 ans, tout le Nouveau Testament en suri soit traduit et utilisé. Dès le début, il est prévu de créer également une version audio.

Pour la première année, il est prévu de traduire les quatre Évangiles comme première ébauche et de les vérifier au sein de l’équipe. Puis, les deux livres Marc et Luc seront vérifiés par un conseiller.

Les finances

La Suisse souhaite soutenir ce projet à hauteur de 15’000 francs suisses par an. L’argent sera utilisé pour les salaires, les ateliers, les déplacements et les coûts des conseillers et de l’administration. Le montant pour l’année 2019 a été repris par l’Église évangélique réformée du canton de St-Gall.